Combattre le Mariage des Mineures à travers la Sensibilisation Juridique  (CUMLA)

Contexte général
Selon le dernier rapport de l’UNICEF, le mariage d’enfants reste une pratique largement répandue dans le monde. En 2013, plus de 700 millions de filles mineures étaient mariées, dont 250 millions avaient moins de 15 ans. Ce phénomène touche particulièrement l’Asie du Sud (une femme sur deux) et l’Afrique subsaharienne (une femme sur trois).
Au Maroc, le mariage des mineures est considéré comme un héritage culturel dans un pays influencé par les traditions et les coutumes, malgré l’existence des lois qui réglementent les rapports au sein d’une société. La prolifération de ce phénomène est principalement due à une crise de dégradation des valeurs. Quels que soient les raisons, les conséquences sur tous les membres de la société demeurent les mêmes.

Malgré les réformes adoptées en 2004 par la nouvelle Moudawana – notamment en ce qui concerne le mariage des mineures, l’article 20 fixant l’âge légal du mariage à 18 ans au lieu de 15 ans – une importante hausse du phénomène a été enregistrée, passant de 18 341 cas en 2004 à 35 479 en 2015 avec un pic de plus de 41 000 cas en 2010.

graphe mariage des mineures MARIAGE DES MINEURES graphe

Face à ce résultat alarmant plusieurs articles du Code de la famille ont donc été pointés du doigt par des mouvements féministes marocains.  L’Initiative pour la Promotion des Droit des Femmes (IPDF) a souligné, dans l’une de leurs études, « l’exploitation illégale de l’article 16 du Code de la famille », relatif à l’authentification du mariage. Cet article facilite la reconnaissance du mariage précoce surtout en milieu rural (au profit des couples n’ayant pas pu officialiser leur union en raison d’empêchements majeurs) et permet de tolérer des opérations relatives au mariage conclues en dehors de la loi. Aujourd’hui la polémique est d’autant plus grande qu’un projet d’amendement de l’article 20 a été déposé à la Chambre des Représentants qui vise à fixer l’âge du mariage au Maroc à 16 ans malgré la clarté de la constitution à ce sujet et les engagements internationaux du Royaume.

Face à cette recrudescence du phénomène, l’association Droit et Justice a lancé en 2014 le  projet Combattre le Mariage des Mineures à travers la Sensibilisation Juridique (CUMLA) , avec le soutien de KVINFO et des Ambassades du Canada et de la Norvège au Maroc.

Ce projet vise à sensibiliser les filles mineures âgées de 9 à 17 ans ainsi que leur entourage sur les conséquences du mariage des mineures. Avec la collaboration et la participation des associations locales Droit et Justice œuvre à la mise en place d’un réseau incluant tous les acteurs concernés par cette problématique en vue de sensibiliser les citoyens sur les conséquences négatives du mariage des mineures.

A ce jour, l’association a réussi à sensibiliser plus de 500 femmes dont 250 filles mineures. Nous avons aussi aidé plus de 27 cas de mariage des mineures dont 16 cas concernent des filles toujours mineures.  A travers ce projet, Droit et Justice a également mobilisé un réseau local composé de plus de 30 acteurs bénévoles, des représentants d’associations et des activistes.